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Le Président Macky Sall prêt pour la cohabitation ?

Le Président Macky Sall n’a pas peur de la cohabitation, agitée tant comme une épée une de Damoclès sur la tête du pouvoir en direction des législatives du 31 juillet. C’est du moins ce que laisse croire son propos sur la nomination d’un futur Premier ministre, lors de l’entretien accordé à Jeune Afrique dans son édition de ce lundi.

« Les élections locales passées, nous avons encore un scrutin : les Législatives de juillet. Il m’a paru plus logique d’attendre leurs résultats pour désigner le Premier ministre qui sera issu de la formation qui les aura remportées« , a-t-il expliqué le chef de l’Etat au magazine panafricain.

Naturellement, le Président espère et travaille avec ses camarades ainsi qu’alliés pour remporter les législatives, mais sa réponse indique aussi qu’il fera avec une autre configuration en cas de défaite.

Il ajoutera : « les profils, cela ne signifie pas grand-chose. Inutile de faire des projections. Le moment venu, un Premier ministre compétent sera nommé et il se mettra immédiatement au travail ».

L’intégralité de l’entretien ci-dessous

Jeune Afrique : Vous présidez l’UA jusqu’en février 2023. Alors que l’on pensait que votre principale mission serait la relance post-Covid, voire la gestion d’un certain nombre de crises spécifiques (coups d’État au Mali, en Guinée et au Burkina, terrorisme dans le Sahel, dossier éthiopien…), la guerre en Ukraine, lourde de conséquences, a éclaté. Quelles sont vos priorités ?

Macky Sall : Elles sont, hélas, nombreuses. En l’espace de deux ans, la pandémie de Covid-19 a engendré une situation économique particulièrement préoccupante, qui s’est traduite par une baisse importante de la croissance africaine, voire, dans certains cas, par des récessions.

Au moment où nous commencions enfin à sortir la tête de l’eau, la guerre en Ukraine a éclaté. Avec pour conséquence une très forte hausse du cours des produits pétroliers, une augmentation sensible du prix des denrées alimentaires – notamment du blé –, le renchérissement du prix des fertilisants et des semences, etc. Tout cela a un très fort impact sur le coût de la vie, sur le pouvoir d’achat des Africains. En outre, si nous ne parvenons pas à nous approvisionner en fertilisants ou en céréales, une famine peut survenir. L’Afrique, tout en étant géographiquement éloignée de ce conflit, en est l’une des premières victimes. C’est pourquoi nous mettons tout en œuvre pour un retour rapide à la paix.

Vous avez eu un échange téléphonique avec Vladimir Poutine le 9 mars. Que vous êtes-vous dit ?

Nous nous sommes effectivement parlé – à mon initiative, en tant que président de l’UA. Je lui ai dit que l’Afrique, qui se retrouvait entre le marteau et l’enclume, souhaitait un cessez-le-feu en Ukraine. Le continent est touché par les conséquences de la guerre elle-même comme par les sanctions qui frappent la Russie. À l’époque, Vladimir Poutine avait indiqué qu’il était prêt à discuter avec les Ukrainiens. Mais nous voyons bien que ce n’est pas évident. C’est « un pas en avant, deux pas en arrière ».

À la suite de l’invitation du président russe à me rendre à Moscou, l’UA m’a donné mandat pour demander l’arrêt des hostilités, ainsi que la possibilité de laisser l’Ukraine et la Russie exporter les céréales et les matières premières dont le monde a besoin. Après deux années de pandémie de Covid-19, la situation devient intenable.

Autre motif de préoccupation, qui concerne l’Afrique de l’Ouest en particulier : les coups d’État (au Mali, en Guinée, au Burkina), et ces transitions à durée indéterminée, qui se multiplient…

Tout cela est le reflet de la crise profonde qui frappe ces pays. Les coups d’État ne sont pas pour autant une solution. Ce n’est pas acceptable. Nous avons essayé, dans le cadre de la Cedeao, d’accompagner ces pays afin que leurs périodes de transition soient de courte durée. Une transition, par définition, n’a pas vocation à s’éterniser, il faut être raisonnable.

Bien sûr, si les institutions africaines rencontrent des difficultés avec la Guinée, le Mali et le Burkina, c’est parce que ces pays représentent des enjeux géostratégiques pour l’Est comme pour l’Ouest. La compétition entre grandes puissances rend les solutions difficiles à trouver.

Au Mali, les putschistes sont au pouvoir depuis vingt mois déjà. Nous acceptions de leur laisser seize mois de plus. La junte, elle, a parlé de [rester encore] vingt-quatre mois. J’estime que, en prenant surtout en considération les souffrances du peuple malien, nous pouvons nous mettre d’accord sur une échéance qui serait comprise entre seize et vingt-quatre mois.

Pour la Guinée, la Cedeao va devoir prendre des mesures. Nous étions tout à fait disposés à collaborer avec les nouvelles autorités pour accompagner la transition. Réponse sans appel de la junte : ce sera trente-neuf mois ! C’est impensable. Le Burkina, lui, semble plus raisonnable dans ses discussions avec l’organisation ouest-africaine.

Comment avez-vous vécu et analysé la présidentielle française d’avril ?

Cette élection a été très disputée entre le président sortant et les autres candidats, qui aspiraient à gouverner la France. Pour le reste, je me garderai bien d’en commenter les résultats.

Lire ici : http://lesoleil.sn/legislatives-ua-hydrocarbures-sante-le-grand-oral-du-president-macky-sall/




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