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Limitation des mandats: Retour sur un débat déjà tranché par la Constitution

Le Président Sall a relancé, cette semaine, le débat sur la limitation des mandats présidentiels faisant référence à une vieille polémique déjà tranchée au Sénégal et dans de nombreux pays africains.

La constitution du Sénégal précise en effet que » nul ne peut faire plus de mandats constitutifs ». Une réforme initiée par Macky lui-même.

A quoi bon alors y revenir ?

En effet, le Chef de l’Etat président de l’Union africaine ne peut ignorer le caractère sensible de ce débat en Afrique du fait des dégâts qu’il a causés dans de nombreux pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et surtout la Guinée Conakry pour ne citer que ceux-là.

Pis, au Sénégal, ceux qui n’en parlent pas y pensent. Le « ni oui ni non » du Président suscite encore moult interrogations. Et c’est l’incertitude quant à ce qui pourrait être son attitude en 2024, date de la prochaine présidentielle.

Alors, revenir sur le débat pour soutenir, en gros, que la limite des mandats n’est pas une bonne chose pour les pays africains car les procédures administratives sont encore archaïques pour ne pas dire obsolètes selon un Président pour qui cette période ne permet une bonne réalisation des programmes et des promesses.

Mais ce que le Président semble ignorer, c’est que ça aussi, c’est du déjà-entendu. Rien de nouveau. Le Président Wade avait tout tenté pour que l’on le laisse terminer ses projets.

Or, son départ n’a pas empêché son successeur actuel d’en faire autant. C’est cela un État: Les hommes passent, les instructions demeurent; les projets ne s’arrêtent pas.

Ce qui veut dire que l’exécution des projets ne dépend pas forcément de la présence de telle ou de telle autre personne. Ce qui compte, c’est l’appareil d’État, la vitalité des institutions même si on ne peut pas nier l’existence de programmes inhérents à chaque gouvernement.

En clair, l’état des procédures administratives n’y est pour rien. Cela a toujours le cas et des projets sont sortis de terre au point de transformer complétement aujourd’hui le visage de Dakar et du Sénégal.

Mieux, par divers mécanismes, notamment les Offres spontanées négociées (Osn), l’Etat du Sénégal a réussi à alléger les procédures et à permettre des passations de marchés en mode fast-tract.

Aujourd’hui, du fait de cette exigence, beaucoup de milliards passent dans des opérations ou tractations qui échappent aux contrôles ordinaires exigés par la loi.

Il serait également malheureux que Macky pense ainsi préparer éventuellement l’opinion sénégalaise et internationale à une troisième candidature. Car, l’élégance républicaine veut qu’il ne se représente pas. Toute autre analyse dans le sens contraire serait synonyme de celle défendue par Alpha Condé. Ce serait du déjà-entendu.

Il est en tout cas dommage qu’en Afrique, que les Présidents, une fois élus, font tout pour rester au pouvoir.

Si la démocratie est le moins mauvais système, on doit se convaincre qu’il n’est pas parfait et qu’une de ses exigences est de pouvoir renouveler la classe politique même s’il y a le risque qu’un moins bon leader que le précédent arrivé au pouvoir. Mais c’est un risque à prendre.

C’est mieux en tout cas que de devoir partir par la petite porte comme Blaise Compaoré, Alpha Condé, etc.

Assane Samb

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